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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 21:01
 
Louise Erdricht
Ce qui a dévoré nos coeurs

 

Ca y est je l'ai terminé: fantastique! Ca commence comme un bouquin semi-sentimental semi-introsopectif sur une nana de 50 ans qui vit avec sa mère, sur la même route que son amant, un artiste un peu space (un artiste quoi). Elle est prof et aide un peu sa mère antiquaire. Mais son boulot semble secondaire dans le récit. Jusqu'au jour ou recensant les biens d'une maison pour une succession, elle tombe sur un tambour amérindien qu'elle ne peut s'empêcher de subtiliser à ses a-priori légitimes héritiers...
Et là le récit se transforme, change de narrateur, et nous nous retrouvons plongés dans la mystique obijwé (tribu amérindienne). 3 récits, 3 cultures, 3 époques, 3 lieux différents dont le seul lien semble un tambour sacré et pourtant... 
Brillant et passionnnant, superbement écrit (traduit?).


Bon, je suis entrain de le lire, c'est pas mal... Mais je voulais surtout vous faire partager ce passage qui m'a beaucoup parlé:

Il est difficile pour une femme de reconnaître qu'elle entend bien avec sa mère - curieusement, cela paraît une forme de trahison, du moins c'était le cas chez d'autres femmes de ma génération. Afin d'entrer dans la société des femmes, d'êtres adultes, nous traversons une période où nous nous vantons fièrement d'avoir survécu à l'indifférence e notre mère, à sa colère, à son amour écrasant, au fardeau de son chagrin, à sa propension à picoler ou à ne pas toucher à une goutte d'alcool, à sa chaleur ou à sa froideur, à ses éloges ou à ses critiques, à ses désordres sexuels ou à sa dérangeante transparence. Il n'est pas suffisant qu'elle ait transpiré, enduré les douleurs du travail, donné naissance à ses filles en hurlant ou sous anesthésie totale ou les deux. Non. Elle doit être tenue pour responsble de nos faiblesses psychiques pour le restant de ses jours. Il n'y a pas de mal à se sentir proche de son père, à pardonner. Nous le savons toutes. Mais la mèreest contrainte à un tel niveau d'excellence qu'il n'y a plus de règles. Elle doit tout simplement être accusée.

Voilààààà...
 

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Published by MarieMickeyLolaManu - dans Livres
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commentaires

Marietoune 07/11/2007 10:47

 Angèle: ayé, j'en ai reparlé. Si tu le lis tu vas adorer. A propos, j'ai empunté le Pelot, je vais m'y mettre... un jour... Au fait saleté, la prochaine fois que vous venez à Paris y'a pas intérêt à pas m'appeller...Mamybritoune: bah oui, mais ça on ne s'en rend compte qu'après coup...Gerda: Si tu aimes la SF, plonge-toi vite dans "Le seret de JI" Brillant.Val: Merci!

val 07/11/2007 08:21

C'est toujours un vrai regal d'aller sur ton blog .....Très instructif et toujours de sacrés anecdotes !!!MERCI

gerda 01/11/2007 10:20

Maman Toune , tu lis beaucoup , comme moi , mais tu es trés diversifiée , j'ai passé le stade de lire tout et n'importe quoi par amour de la lecture , j'ai qques livres ds ms favoris - L'amour Béatrice de J. Boissard - La demoiselle d'Avignon et presque ts les livres de F. Hébrard - Mais maintenant je lis presque uniquement de la SF Fantasy - j'ai lu à la croisée des mondes - génial - si tu regardes sur mon blog tu verras d'autres titres - j'ai 59 ans donc j'ai le droit de vivre à fond dans l'imaginaire - ton blog est géantissime - bisous - Gerda -

Mamybritoune 28/09/2007 18:54

J aurais tant aimé que ma mère "soit " tout ces maux......

Angèle 24/09/2007 01:17

Vraiment très intéressant et à contre-courant de tout ce qui se dit habituellement sur les mères...J'en ai lu un particulièrement ignoble il y a quelques années : "Y a-t-il de bonnes mères ?" de Maurice Maschino qui disait en intro qu'il n'y a de bonnes mères que mortes !!! (pour te donner une idée...) je l'ai lu jusqu'au bout et j'ai marqué "pas glop, pas glop" sur la tranche ensuite ! Comme beaucoup, il s'étale en long en large et en travers sur la toute puissance des mères qui se retrouvent porteuses de tous les maux de leurs enfants...On incrimine de tout temps la mère quand l'enfant va mal ou suit une voie "hors norme". Autisme, schizophrènie, troubles alimentaires, homosexualité /.../ la mère est toujours montrée du doigt...Comme si leur culpabilité était une nécessité absolue...ça me soûle !Et ça soulage de lire ce texte qui va à l'encontre de ce qui est communément admis depuis des décennies. On oublie souvent de préciser que si les pères s'impliquaient un peu plus dans l'éducation de leur enfants, le fardeau serait allégé pour les mères. Et la culpabilité d'avoir merdé s'en trouverait équitablement partagée ! Comme le dit le dicton "il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas" !T'en reparles quand tu a fini ?

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